Rencontres 2015 : Liberté de Dire

Voici les 6èmes Rencontres Albert Londres de Vichy, initiées en 2010, après notre grande exposition de 2009 sur l’œuvre d’Albert Londres, elles ont permis de sensibiliser le public et les collectivités à l’intérêt qu’il y avait, pour notre territoire, de faire reconnaitre l’enfant du pays, oublié sur ses terres, mais considéré par toute une profession et connu dans le monde entier.
Ces rencontres annuelles sont nécessaires pour sauver de la ruine sa maison natale et en faire un lieu de connaissance de l’homme et du grand reportage.
Albert Londres ? Un nom devenu un mythe pour sa profession … Un journaliste que l’intérêt profond pour « la misère des hommes » a guidé tout au long de ses reportages.
Il était un homme généreux, profondément humain, pourfendeur des injustices et des mensonges, ce qui lui a valu le titre de « redresseur de torts » . Courage, indépendance, abnégation ont nourri la carrière de cet éclaireur d’opinion… Et le grand reportage ? C’est partir à la découverte de l’autre, d’un autre monde, d’une autre réalité. Pour cela un grand reportage nécessite une enquête en profondeur de l’événement couvert. Il s’agit d’aller à la recherche de la vérité. Le grand reportage permet alors de témoigner et retranscrire la réalité des choses et des faits.
Pour ces 6èmes Rencontres, nous avons voulu, avec le comité éditorial de la Maison Albert Londres, mettre l’accent sur l‘importance du grand reportage qui lutte pour une liberté sans faille. Nous avons souhaité que ces Rencontres soient un hommage à ceux qui osent mener ce combat, parfois au risque de leur vie.

Pour consulter la brochure 2015 : 2015-Brochure

– Cecile Alegra et Delphine Deloget : Un Voyage en Barbarie

AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND

Depuis 2009, sur les 50 000 Erythréens qui sont passés
par le Sinaï, 10 000 n’en sont jamais revenus. Cécile Allegra et Delphine Deloget ont produit un témoignage de trois
survivants d’un lieu où s’exerce dans le silence des médias et de
la communauté internationale la traite des hommes. Un reportage qui ouvre les yeux sur l’Erythrée.
Chaque jour, des Erythréens quittent le régime dictatorial de leur
pays en direction du Soudan. Hélas, un grand nombre d’entre
eux tombe entre les mains de trafiquants qui les mènent dans le
Sinaï, où ils sont détenus et torturés pendant que leurs ravisseurs bédouins tentent d’extorquer des rançons exorbitantes à leurs familles. Des milliers finissent exécutés de manière sauvage.
Voyage en barbarie : a obtenu le prix du meilleur Documentaire
au New York City International Film Festival 2015, le prix RSF au
Figra, Cécile Allegra et Delphine Déloget ont obtenu le « Prix Albert Londres 2015 ».

Trente-cinq ans que je cours le monde et ses tourments.
La première fois, en dehors d’une guerre, que j’ai vu l’exode d’une
population, c’était en Asie où les boatpeople fuyaient le régime communiste d’Hanoï. Des jonques en bambou sur la Mer de Chine, la dérive et les naufrages, tous les éléments étaient déjà là. Mais ces migrants étaient des réfugiés politiques et le monde les regardait d’un oeil bienveillant et attentif. J’étais revenu avec une image, plus forte que les autres, celle d’un bébé de six mois que ses parents avaient confié, seul, aux autres exilés en route vers les côtes malaises.
Avec le temps, l’exode des migrants n’est plus devenu un
phénomène exceptionnel. Et le monde s’est lassé. J’ai suivi les
barques, les pateras qui affrontaient le détroit de Gibraltar, les
pirogues de la mort pour les Canaries, les zodiacs de Turquie
vers l’île grecque de Lesbos, le flot des épaves vers le Canal de
Sicile. Jusqu’à Lampedusa, caillou submergé par le flux. Partout
les « migrants », comme on dit, comme si le « migrant » était un
modèle unique, uniforme, comme si ceux qui fuient le chaos de
la guerre ou la sècheresse avaient la même histoire. J’ai suivi le
sillage de ces bateaux ivres, sur mer et sur terre, dès leur point de
départ, un village subsaharien, un désert érythréen de la corne de
l’Afrique, une capitale arabe, une montagne d’Afghanistan ou de
Syrie. Je voulais faire le récit choral de ces centaines de milliers
d’hommes et de femmes qui ne voient qu’une seule issue, partir,
pour la grande traversée, à travers notre mer, la méditerranée.
Nous, européens, nous hésitons toujours, entre aveuglement
volontaire, compassion et répression. Sans parvenir à définir une
attitude réaliste, une politique commune. Pendant ce temps-là, ils
partent. Avec la force des désespérés ou des conquérants. Et rien
ne les arrêtera. grandsreporters.com
Jean-Paul Mari interviewé par Philippe Alfonsi
Revue de presse

Daniel Schneiderman : Après Charlie –

Des Rencontres à la mémoire des «  Charlie« 
Au delà du mythe – Sophie Desmoulin

Rencontres 2016 : Chemins d’exode

Cette année, nous ne pouvions éviter le sujet qui s’invite au quotidien dans les journaux, sur les ondes, sur les écrans et dans les conversations…
Les Rencontres 2016 portent ainsi la réflexion sur la migration massive de populations fuyant des conditions de vie insoutenables par des chemins périlleux. Avec « Le juif errant est arrivé », Albert Londres en son temps, a posé le regard sur une population en exode. Il a voulu traiter la question du retour des populations juives en Palestine, la misère des ghettos, les humiliations quotidiennes, les spoliations et les violences subies. Son reportage remua les consciences des nations, des îles britanniques à l’Europe centrale. Le témoignage de celui qui n’a cessé de mettre sa plume au service des opprimés est à redécouvrir, son éclairage humain et généreux ne relevant d’aucune idéologie.
Poser aujourd’hui le regard, comme l’aurait fait Albert Londres, sur les camps de réfugiés ou de détention, à Lampedusa, aux faubourgs de Calais ou ailleurs, c’est ce que feront les invités de nos prochaines Rencontres : grands reporters, historiens et philosophes essayeront de répondre aux questions qui se posent, avec d’autant plus d’acuité que les réactions suscitées s’avèrent parfois extrêmes.
Comment en effet, comprendre, anticiper, accepter, vivre ces migrations contemporaines ? Comment agir, quelles solutions apporter pour relever le défi de l’intégration ? L’accueil des réfugiés est vécu le plus souvent comme un problème ; ne serait-il pas, au contraire, un atout dans nos sociétés en transition ?
Marie de Colombel,  présidente de la Maison d’Albert Londres

Pour consulter la brochure 2016 : 2016-Brochure  

12 000 kilomètres
« Comme une pluie de parfum », le film-documentaire (54′) de
Claire Billet et Olivier Jobard en ouverture des Rencontres
,
Débat avec les réalisateurs organisé par le Club Cinéma de Vichy.
« Notre documentaire, est la chronique d’une migration. Elle raconte le périple de cinq jeunes hommes afghans qui ont voulu rejoindre une Europe inaccessible.
Cette odyssée clandestine mêle réalités crues et fantasmes, réussites et échecs, au rythme du métronome fou de la migration. Nous avons partagé leur voyage pendant plus de six mois mais d’observateurs, nous sommes devenus à notre tour sujets d’observation, puis de critique.
Nous finissons par incarner, malgré nous, les symboles d’une Europe fantasmée et inaccessible. »
« Pour suivre un migrant, il faut parvenir à incarner quelqu’un, à
s’identifier, à travers un personnage, au parcours de ces personnes. Ce qui permet de les humaniser, les personnaliser, plutôt que d’en garder l’image non définie d’ombres vagues, de nombres cachés derrière des statistiques.
On peut comprendre ses souffrances et difficultés à partir de chez elle et la force et la volonté qu’elle déploie pour y arriver. Ce sont ces histoires humaines qui m’intéressent et me touchent. »

Revue de Presse
Une exposition de Médecins Sans Frontières
Depuis, la politique et les pratiques migratoires de l’Union européenne et des pays des Balkans occidentaux se sont faites de plus en plus coercitives, et les conditions d’accueil de plus en plus inhumaines, de la Grèce, où la majorité des migrants arrivent dans l’espoir de continuer leur chemin, jusqu’au nord de la France où ils désespèrent de rallier
l’Angleterre : fermeture des frontières en domino et création de no mans land, rétention, refoulement, fichage, cantonnement. Ces stratégies, censées dissuader les migrants de rejoindre l’Europe n’ont contribué qu’à les mettre toujours plus en danger en ne leur laissant d’autre choix que d’emprunter des itinéraires clandestins toujours plus périlleux, et que de vivre dans la précarité, l’incertitude et l’angoisse.
Présente auprès des Syriens au coeur du conflit et dans les pays limitrophes où ils sont en grande majorité réfugiés, mais aussi dans des pays comme l’Irak, le Soudan, l’Afghanistan d’où de nombreux autres candidats à l’exil sont issus, MSF porte aussi secours aux migrants et
demandeurs d’asile autour de la Mediterranée depuis la fin des années
En mai 2015, l’association s’est impliquée directement dans des opérations de recherche et de sauvetage en mer grâce à des navires sillonnant la mer. Tout au long de l’année, elle est aussi intervenue en Grèce, en Italie, sur la route des Balkans, et au Nord de la France où elle a apporté des soins médicaux et psychologiques et contribué au relogement dans un camp de quelque 1300 migrants vivant jusque-là dans des tentes de camping au milieu de la boue.
Naufragés
L’exposition montre à travers 5 grands panneaux composés de photos, de textes et de coupures de presse, la situation des migrants une fois qu’ils pénètrent sur le sol européen.
Naufragés : le danger des traversées maritimes et les passeurs,
Refoulés : le rejet aux frontières,
Détenus : dans les centres de rétention,
Déshumanisés : la vie dans la jungle de Calais,
Bloqués : sans droit dans des zones de « no man’s land ».

2017 – Marseille Vivre ensemble

Pour consulter la brochure 2017 : 2017-Brochure

Point de départ de ses reportages au long cours, Marseille a fasciné Albert Londres au point qu’il a voulu y poser ses valises, pour prendre le temps d’appréhender la complexité sociale de cette ville cosmopolite. Marseille, Porte du Sud, publié en 1926, décrit l’étonnante diversité de la ville, avec son port où s’entrechoquaient les cultures des cinq continents et des empires coloniaux. Bien que focalisé sur le port – ou peut-être grâce à cet angle particulier – l’ouvrage offre une vue panoramique sur la cité et sur le monde.

S’il s’inscrit, par ses qualités, dans la lignée des grands reportages, il nous fait pour une fois voyager sans partir, enquêtant au coin de la rue. Le Vivre Ensemble Marseille est connue pour la mosaïque de sa population, à partir de laquelle ces Rencontres engagent une réflexion sur le Vivre Ensemble, dans le prolongement de celle que nous avions menée, l’an dernier, sur les chemins d’exode. Ce Vivre Ensemble recomposé par les arrivées récentes, parfois inattendues, qui nous obligent à considérer les relations sous un jour nouveau.
Les Cahiers Albert Londres Cette année, un événement d’importance accompagne les Rencontres : la sortie du premier numéro des Cahiers Albert Londres, une revue annuelle lancée par l’équipe de l’Atelier Albert Londres. Ce numéro initial porte d’abord sur le Marseille des années 1920-1930. Donnant ensuite la parole aux cinq prix Albert Londres marseillais, il permet de faire le lien avec l’actualité de la profession. Et il ouvre un espace d’études et de recherche sur l’histoire et les problématiques du grand reportage.
Lancé le 13 octobre dans la cité phocéenne avec l’aide de la Bibliothèque de l’Alcazar, de l’Académie des Sciences, des Lettres et des Arts de Marseille et du Club de la Presse local de Marseille, Provence et Alpes du Sud, il a éte présenté le 21 octobre à Vichy.

Rencontres 2018 : Cayenne, le Bagne

Pour consulter la brochure 2018 : Brochure -2018 

La page Histoire des Rencontres

Au cœur des 9è Rencontres Albert Londres. L’histoire du bagne et ce qu’a vu Albert Londres ?
Marine Coquet, Jean-Marc Delpech, historiens, Franck Sénateur et Philippe Collin Spécialistes des bagnes nous le dévoileront.


Rencontres 2019

Avec Biribi, thématique de ces 10èmes Rencontres, nous avons rendez-vous avec le journaliste humaniste avec ce reportage qui l’a conduit dans des lieux retirés du monde où des soldats, condamnés des Conseils de guerre,
viennent purger leur peine de travaux publics.
Albert Londres fait découvrir au lecteur du Petit Parisien ces camps de travail, zones de non-droit où les offi ciers mettent en oeuvre des
pratiques inhumaines. Son reportage est un réquisitoire pour que la justice soit respectée, il s’achève par une lettre au ministre de la Guerre,
qu’il commence ainsi : C’est « une grande honte pour la France ». Une commission d’enquête est créée.
Albert Londres est lauréat, à la publication de son livre, de l’Ordre universel du mérite humain. En effet, dans ce reportage, Albert
Londres a un véritable regard de sociologue. Il porte à nous interroger sur les comportements de ces hommes, bourreaux ou victimes. Pour
comprendre leurs conduites, la sociologue ethnopsychiatre, Françoise Sironi, nous dira comment l’être humain peut se déshumaniser pour devenir tortionnaire.
Les témoignages des exactions des Biribi ont été nombreux au fil des temps. L’historien Dominique Kalifa reviendra sur les effets du reportage d’Albert Londres qui ont conduits à faire disparaitre les bagnes militaires français.
Mais de nos jours, partout dans le monde, des hommes sont contraints,
à la merci d’exactions. Quels regards peuvent avoir les journalistes aujourd’hui, Patricia Allemonière, grand reporter, partagera avec nous son sentiment. Comment le reporter fait face ? A quel prix en est-il le témoin ? Comment parvient-il à rapporter l’insoutenable ?
Ces 10es Rencontres, nous apprendront beaucoup…

Pour consulter la  brochure 2020 : Brochure AL 2019

Voir le programme complet des Rencontres 2019

brochure AL 2019 – MAIL 2