Rencontres 2011 : Dardanelles &Balkans

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Les Balkans pendant la Grande Guerre

« Albert Londres, reporter de guerre » : plongée dans l’actualité au cœur des 3èmes Rencontres de Vichy

« Le large peu à peu s’éclaircit. Et bientôt je reconnais les deux pointes, les deux pointes aujourd’hui marquées de sang français. C’est là!
Les Dardanelles ! … Leur nom était si joli qu’en les approchant on était tout prêt d’entendre tintinnabuler les clochettes d’argent. Et c’est le canon qui va parler !… »
(Albert Londres-Le petit journal du 28 juin 1915).


« Reporter de guerre dans les Balkans de 1915 à 1917 »: père du journalisme d’investigation , le Vichyssois Albert Londres, a, en son temps, couvert ce conflit, théâtre souvent méconnu de la première guerre mondiale.
Les nombreux évènements d’actualité qui se succèdent partout dans le monde, mettent une nouvelle fois en évidence la nécessité absolue d’une presse libre, dans laquelle le reporter constitue la clé de voûte de l‘information.
L’Association « Regarder – Agir pour Vichy et ses environs » organise les troisièmes rencontres Albert Londres qui auront lieu du 16 au 19 juin 2011.
Personnalités marquantes du journalisme, grands reporters et historiens seront présents et dialogueront avec le public tandis que projections de films, conférences, rencontres, débats…constitueront les temps forts de ce nouvel évènement mettant en valeur des sujets permanents déjà au cœur du travail du célèbre Vichyssois.
Une exposition, mise en œuvre du 10 juin au 20 juillet 2011 dans le hall de la source de l’Hôpital à Vichy, retracera le périple d’Albert Londres dans cette campagne d’Orient (des Dardanelles aux Balkans); on y lira les correspondances et câbles adressés à ses parents, touchant du doigt ce que vit un reporter au milieu des combats dans une région (toujours) complexe au plan politique. La correspondance du caporal Jean-Baptiste Bonnet, natif de l’Allier, met en parallèle, de façon simple et émouvante, la vie d’un poilu de l’armée française d’orient.
Des animations théâtrales : FEU!-création de Procédé Zèbre-met en scène l’écriture d’Albert Londres lors d’un parcours effectué tout au long des Troisièmes Rencontres; les Gueules Cassées, présentée par l’Ouvroir, le 25 juin au Pôle Lardy rend hommage aux soldats défigurés de la Guerre de 14-18.

Rencontres 2012 : Retours de Chine 1922-1932

Dès ses débuts dans le journalisme, Albert Londres a été attiré par l’Orient. En 1922, après le succès de ses premiers grands reportages, en particulier ceux effectués en Russie soviétique, Albert Londres part enfin pour l’Asie. Il décrit émerveillé le quotidien du Japon qui reste solide malgré les tremblements de terre. Il découvre par contraste, l’anarchie qui règne en Chine, un pays dominé par les seigneurs de la guerre, et où cohabitent un empereur et un président de la République
La série d’articles rédigés sur place constitue la matière première de son livre « La Chine en folie » publié à son retour.

Ce n’est que dix ans plus tard qu’Albert Londres repartira pour la Chine, en janvier 1932. Il a tout fait pour y retourner. Quelle enquête a-t-il en tête ?
Alors que le directeur littéraire du Petit Parisien, Henri Béraud son ami de longue date, refuse de l’envoyer sur place, il obtient le feu vert du Journal et part. Lorsqu’il arrive à Shanghai, la tension entre Chinois et Japonais est à son comble. C’est La Guerre !
Le conflit s’apaise, Albert Londres quitte alors Shanghai pour suivre son projet de sujet initial. Il se dirige vers Tientsin (ou Tianjin), puis il disparaît prés de 3 semaines, avant de revenir à Shanghai s’embarquer sur le Georges Philippar. Les révélations explosives annoncées pour son retour disparaissent en mer avec lui…
Au travers de nombreux textes choisis et d’extraits de la correspondance d’Albert Londres, cette exposition vient nous faire revivre ses émotions et ses sensations. Celles d’un observateur privilégié, plongé au coeur d’une Chine en pleines révolutions préfigurant sa Révolution imminente.

Regard d’un grand reporter d’aujourd’hui : La Chine sans Folies de Philippe Rochot

De ses six années passées comme envoyé spécial permanent de France 2 en Chine (de 2000 à 2006), Philippe Rochot a rapporté une expérience professionnelle, mais aussi humaine, particulièrement riche. Pour preuves, son livre « Vivre avec les chinois » (2008) et les nombreuses photos que cet amateur très éclairé a tirés de son séjour. « Le comportement des Chinois nous désoriente, leur mentalité et leurs raisonnements nous échappent…La Chine est encore un pays d’interdits, mais c’est aussi l’Empire de tous les possibles. » Au cours de ses déplacements dans une quinzaine de provinces, Philippe Rochot a observé des Chinois confrontés aux transformations radicales de leur société.

Chacun de ses clichés participe au décryptage d’une Chine débarrassée des  « à priori » brouillant son image. « La photo est là pour saisir l’événement, mais aussi pour le dépasser, en explorer les traces, les cicatrices laissées par l’homme.»

2012 ; année du dragon, monde en transe, Chine en transit
Table ronde : « les enjeux urbains et écologiques dans les villes chinoises ». Avec Jean-Claude Levy, Bertrand Gallet, Dominique Bari, Zheng Ruoning.

La moitié de la population mondiale vit à présent en ville. La Chine compte 60 villes multi-millionnaires et 30 dépassant le million d’habitants. 400 villes nouvelles doivent sortir de terre d’ici 2020… Actuellement de 45%, le taux de population urbaine chinoise devrait atteindre 60% en 2020. La crise urbaine de la nature concerne donc particulièrement ce pays, en pleine révolution industrielle, dont la part dans la production mondiale a doublé en 15 ans, pour Wei pei Fu

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Dernière photo d’ Albert Londres à Sangaï (collection Prix Albert Londres)
Reportage Le dernier voyage d’Albert Londres de François Reinhardt – durée 22’
La nuit du 15 au 16 mai 1932, le plus célèbre des journalistes français, que l’on considère toujours comme le père du grand
reportage, meurt dans l’incendie du Georges Philippar. Le grand paquebot blanc, fleuron des Messageries Maritimes, effectue là le
retour de son voyage inaugural entre Marseille et Yokohama : la ligne impériale ! Albert Londres, redresseur de torts devant l’Éternel,
à qui l’on doit notamment la fermeture du bagne de Cayenne, a embarqué quelques jours plus tôt à Shanghaï. Il
vient de passer trois mois en Chine, sur fond de conflit sino-japonais. Tandis qu’il profite du voyage pour rédiger un
nouveau « brûlot », dont tout le monde ignore le sujet, un incendie survient à l’entrée du
Golfe d’Aden. Albert Londres n’y survivra pas. Attentat ? Sabotage ? Fait divers ? L’enquête
menée à l’époque a-t-elle révélé toute la vérité ? Une production Grand Angle Productions

Film « Voir le pays des matins calmes »

de Gilles de Maistre
Réaliser une fiction – une comédie ! – en Corée du Nord : voilà le défi de taille que s’est lancé Gilles de Maistre il y a un an. Un pari tenu mais risqué, qui a nécessité une préparation minutieuse aux allures de commando. Les six comédiens qui l’accompagnaient incarnent, dans Voir le pays du Matin-Calme, des touristes venus visiter le pays. L’occasion de découvrir cette nation aussi terrible que fascinante.
La Corée du Nord ? Un pays quasi inaccessible, classé au dernier rang mondial au niveau de l’indice de démocratie. Seuls 2 000 touristes occidentaux y pénètrent chaque année, suivant un périple précis et escortés par des guides qui se surveillent mutuellement. Gilles de Maistre et ses six comédiens (Patrick Azam, Audrey Dewilder, Laurent Gernigon,
Aurélie Gourvès, Simy Myara, Maka Sidibe) en ont fait partie. Pour cela, ils ont évidemment menti sur leur profession.

Soirée dîner-débat Chine – Occident, le grand malentendu
Zheng Lu Nian et Daniel Haber sont consultants internationaux et professeurs dans de Grandes Ecoles françaises et dans des Universités étrangères (Chine,Israël…).
Leur longue expérience de la vie internationale (ils ont,tous deux, dépassé l’âge de la sagesse chinoise, 60 ans) les a amenés à écrire, ensemble, un livre qui explore ce qui leur semble devoir être l’un des problèmes majeurs du XXIe siècle, le malentendu qui s’installe entre l’Occident et la Chine, fondé sur la peur de l’autre. Notre peur est le résultat de l’ignorance
et l’ouvrage « Chine-Occident, le grand malentendu du XXIe siècle », paru en novembre 2011 chez L’Harmattan, a pour but d’expliquer et de livrer le « coeur » du peuple chinois pour encourager le dialogue et la coopération.

Rencontres 2014 : Face à la Censure

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Pour la 5ème année consécutive, les écrits du Prince des reporters serviront de support aux « Rencontres Albert Londres de Vichy » du 13 au 15 juin  au Palais des congrès et l’hôtel Aletti.
2014 marque la commémoration du centenaire de la Grande Guerre, durant laquelle Albert Londres faisait ses débuts comme correspondant de guerre du Petit Journal. Il dénonce alors la censure, pour réagir « Contre le bourrage de crâne » auquel les autorités militaires soumettaient l’opinion publique.
Alors qu’en Syrie les affrontements entre les rebelles et le pouvoir de Bachar al-Assad font chaque semaine de nouvelles victimes (plus de 100 000 morts en trois ans, pour la plupart des civils), Russes et Occidentaux s’opposent, depuis février, sur la conduite à tenir en Ukraine.
L’Histoire risque une nouvelle fois de se répéter et la mission d’information du journaliste s’avère plus que jamais essentielle, pour comprendre les enjeux mondiaux de conflits locaux ébranlant la Planète.
Albert Londres sous le Brassard vert de la Grande Guerre à la Syrie.
Suivant Albert Londres engagé sous le brassard vert (signifiant son statut de représentant de la presse), et à la relecture de ses articles rédigés de Reims à Offremont sur le front de la Grande Guerre, ces 5èmes Rencontres recevront des journalistes confrontés eux aussi, à la censure toujours présente en terres de conflit.
Des historiens retraceront le parcours d’Albert Londres en Syrie, à Homs et Alep ainsi qu’au Liban, lors de la mise en place du mandat, en décryptant ses écrits qui analysent la domination franco-britannique sur les anciennes provinces ottomanes.
Conférences, projections et tables rondes, analyseront les relations souvent difficiles entre la presse et les autorités, qu’elles soient militaires ou politiques.
Comment le reporter peut travailler dans un pays en conflit ?
Comment se distancie-t-il des événements ? Le journaliste peut-il (et doit-il) tout dire ?
Autant de questions essentielles, autour desquelles professionnels et grand public seront réunis pour partager une même éthique, celle du Grand reportage incarné par Albert Londres.
Organisées dans sa ville d’origine, les Rencontres s’inscrivent avec force dans la lignée d’Albert Londres, pour faire écho aux souffrances et autres injustices du monde.
Cette année, les Rencontres ont une dimension particulière : l’action de « Sauvetage de la Maison natale d’ Albert Londres » menée depuis 5 ans par notre Fonds dotation devrait aboutir !
Notre projet est d’en faire une lieu d’évocation qui fasse découvrir et apprécier Albert Londres, un lieu en lien avec ses valeurs relayées au travers d’actions et de soutiens. Un lieu d’accueil et d’échanges qui pourra accueillir en résidence de jeunes journalistes, pour leur permettre d’entreprendre l’écriture ou la réalisation de leurs ouvrages.
NB : pendant les Rencontres, la projection, organisée par le Club-Cinéma, à l’Etoile Cinéma du film «  Les Sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick.

Revue de presse

Rencontres 2015 : Liberté de Dire

Voici les 6èmes Rencontres Albert Londres de Vichy, initiées en 2010, après notre grande exposition de 2009 sur l’œuvre d’Albert Londres, elles ont permis de sensibiliser le public et les collectivités à l’intérêt qu’il y avait, pour notre territoire, de faire reconnaitre l’enfant du pays, oublié sur ses terres, mais considéré par toute une profession et connu dans le monde entier.
Ces rencontres annuelles sont nécessaires pour sauver de la ruine sa maison natale et en faire un lieu de connaissance de l’homme et du grand reportage.
Albert Londres ? Un nom devenu un mythe pour sa profession … Un journaliste que l’intérêt profond pour « la misère des hommes » a guidé tout au long de ses reportages.
Il était un homme généreux, profondément humain, pourfendeur des injustices et des mensonges, ce qui lui a valu le titre de « redresseur de torts » . Courage, indépendance, abnégation ont nourri la carrière de cet éclaireur d’opinion… Et le grand reportage ? C’est partir à la découverte de l’autre, d’un autre monde, d’une autre réalité. Pour cela un grand reportage nécessite une enquête en profondeur de l’événement couvert. Il s’agit d’aller à la recherche de la vérité. Le grand reportage permet alors de témoigner et retranscrire la réalité des choses et des faits.
Pour ces 6èmes Rencontres, nous avons voulu, avec le comité éditorial de la Maison Albert Londres, mettre l’accent sur l‘importance du grand reportage qui lutte pour une liberté sans faille. Nous avons souhaité que ces Rencontres soient un hommage à ceux qui osent mener ce combat, parfois au risque de leur vie.

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– Cecile Alegra et Delphine Deloget : Un Voyage en Barbarie

AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND

Depuis 2009, sur les 50 000 Erythréens qui sont passés
par le Sinaï, 10 000 n’en sont jamais revenus. Cécile Allegra et Delphine Deloget ont produit un témoignage de trois
survivants d’un lieu où s’exerce dans le silence des médias et de
la communauté internationale la traite des hommes. Un reportage qui ouvre les yeux sur l’Erythrée.
Chaque jour, des Erythréens quittent le régime dictatorial de leur
pays en direction du Soudan. Hélas, un grand nombre d’entre
eux tombe entre les mains de trafiquants qui les mènent dans le
Sinaï, où ils sont détenus et torturés pendant que leurs ravisseurs bédouins tentent d’extorquer des rançons exorbitantes à leurs familles. Des milliers finissent exécutés de manière sauvage.
Voyage en barbarie : a obtenu le prix du meilleur Documentaire
au New York City International Film Festival 2015, le prix RSF au
Figra, Cécile Allegra et Delphine Déloget ont obtenu le « Prix Albert Londres 2015 ».

Trente-cinq ans que je cours le monde et ses tourments.
La première fois, en dehors d’une guerre, que j’ai vu l’exode d’une
population, c’était en Asie où les boatpeople fuyaient le régime communiste d’Hanoï. Des jonques en bambou sur la Mer de Chine, la dérive et les naufrages, tous les éléments étaient déjà là. Mais ces migrants étaient des réfugiés politiques et le monde les regardait d’un oeil bienveillant et attentif. J’étais revenu avec une image, plus forte que les autres, celle d’un bébé de six mois que ses parents avaient confié, seul, aux autres exilés en route vers les côtes malaises.
Avec le temps, l’exode des migrants n’est plus devenu un
phénomène exceptionnel. Et le monde s’est lassé. J’ai suivi les
barques, les pateras qui affrontaient le détroit de Gibraltar, les
pirogues de la mort pour les Canaries, les zodiacs de Turquie
vers l’île grecque de Lesbos, le flot des épaves vers le Canal de
Sicile. Jusqu’à Lampedusa, caillou submergé par le flux. Partout
les « migrants », comme on dit, comme si le « migrant » était un
modèle unique, uniforme, comme si ceux qui fuient le chaos de
la guerre ou la sècheresse avaient la même histoire. J’ai suivi le
sillage de ces bateaux ivres, sur mer et sur terre, dès leur point de
départ, un village subsaharien, un désert érythréen de la corne de
l’Afrique, une capitale arabe, une montagne d’Afghanistan ou de
Syrie. Je voulais faire le récit choral de ces centaines de milliers
d’hommes et de femmes qui ne voient qu’une seule issue, partir,
pour la grande traversée, à travers notre mer, la méditerranée.
Nous, européens, nous hésitons toujours, entre aveuglement
volontaire, compassion et répression. Sans parvenir à définir une
attitude réaliste, une politique commune. Pendant ce temps-là, ils
partent. Avec la force des désespérés ou des conquérants. Et rien
ne les arrêtera. grandsreporters.com
Jean-Paul Mari interviewé par Philippe Alfonsi
Revue de presse

Daniel Schneiderman : Après Charlie –

Des Rencontres à la mémoire des «  Charlie« 
Au delà du mythe – Sophie Desmoulin